Ya des jours comme ça. Comme ces jours de week-end pluvieux, où tu restes à rien faire chez toi. A regarder par la fenêtre les gens passer, la pluie tomber en fines gouttelettes qui s’écrasent sur le bitume trempé. A dessiner de vagues silhouettes du bout de ton index, sur le rond de buée formé par ce souffle chaud qui s’échappe doucement d’entre tes lèvres à demi fermées. Une musique s’évapore en fond, comme éthérée. Piano et guitare sèche diffusent des notes délicates, aux airs d’herbe humide et de terre mouillée. Les yeux rivés vers cet extérieur, de l’autre coté de la vitre, distants, dans le vide. Subjugués par ce décor, comme un spectacle muet figé dans ce temps où le soleil, reclus derrière la grisaille, n’aurait pas droit de cité.
Ya des jours comme ça. Mais celui-ci n’en est pas un, c’est un jour de semaine, pas un jour de week-end. Tes repères embrouillés, ton esprit s’est égaré et tes sens t’ont trompé. Demain, le soleil se lèvera encore. Tu remonteras tes ressorts, pour affronter un jour nouveau. Un jour plus beau…?

