Les philosophes, sociologues et comédiens sont d’accord sur un point: L’humour, bien utilisé, est une arme particulièrement dangereuse, une lame acérée, une flèche précise. C’est ce qu’a voulu prouver Hippolyte Lepoulain, quadragénaire de 52 ans.

Ce lundi 4 janvier, Hippolyte entre dans sa banque habituelle avec une cagoule, et somme tout le monde de s’allonger et de mettre leurs mains sur la tête. “Il a menacé de raconter la blague de Toto à l’église, et bien d’autres, nous ne pouvions rien faire!” témoigne l’un des otages.

Face aux menaces du criminel, l’un des guichetiers place tout l’argent disponible ainsi que ses effets personnels dans un sac. La directrice de la banque tente alors d’atteindre l’alarme: bien qu’elle ait pu la déclencher, Hippolyte met une de ses nombreuses menaces à exécution.

 

“Qui est-ce qui pue? C’est l’barbu!”

 

C’est ce trait d’humour qui atteindra la directrice à l’épaule gauche, lui faisant perdre beaucoup de sang. A l’heure actuelle, son pronostic vital est toujours engagé. Pris de panique suite à ce geste, le voleur fuira mais sera rattrapé par les forces de l’ordre. Le commissaire témoigne: “Il était très agité, paniqué, prêt à faire une autre énorme bêtise. J’ai commencé l’histoire du fantôme à la quéquette tordue pour le menacer, puis il s’est rendu sans résistance.”

 

Une enfance de violence

 

On en sait un peu plus sur cet homme, et sur les raisons qui l’ont poussé à commettre ce geste. Seul, au chômage et vivant à Roubaix, il a été exposé dès son enfance à l’Almanach Vermot qui selon ses dires “était toujours ouvert à la page du jour, sur la table de la cuisine”. On retrouvera chez lui des VHS de Guy Montagné, et des photos dédicacées de Max Pécas. Selon le psychiatre Michel-Hugues Onfrais, “Hippolyte cherchait un moyen de se sortir de sa situation financière et sentimentale désastreuse. Quand il a réalisé que l’humour était une arme, il a alors compris qu’il disposait d’un arsenal redoutable dans son salon. Il ne restait plus qu’à l’utiliser.”

 

Hippolyte Lepoulain risque jusqu’à 6 mois de pets d’aisselles quotidiens.