C’était un samedi soir comme il y en a peu dans ma région: enneigé. Dix centimètres de neige étaient tombés, et tombaient encore. La soirée était glaciale, la nuit s’annonçait sibérique.
C’est donc tout naturellement que je décidai de me faire livrer une pizza, par un pauvre quidam en scooter.
Je l’attendais donc, la fin tiraillait mon estomac. Il était en retard, cela se comprend. Il sonne à l’interphone avec un quart d’heure de retard, mais je ne le lui fais pas remarquer. On n’est pas des bêtes.
Je le laisse monter à l’étage, il arrive à ma porte, couvert de pied en cap mais pourtant tremblant de froid. Je prends des nouvelles de son périple: oui il fait froid, oui ça glisse, d’ailleurs un de ses collègues vient de se casser une jambe après une chute. Fichtredieu, et le scooter? Démembré!
Je lui souhaite bon courage et ne lui donne pas de pourboire, je paye en carte bleu. Mais sache petit livreur que mes pensées vont vers toi, alors que je déguste au chaud une pizza tout juste sortie de la boutique, et que je te vois remettre péniblement ton scooter sur la mortelle route neigeuse.
Je prendrai de tes nouvelles demain, ne t’en fais pas. Tu parcourras une route dangereusement salée cette fois.



