Sep
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8h50 – Ouvertures des portes

Maé a entamé sa rentrée en moyenne section il y a maintenant deux semaines. Elle se retrouve avec la même maîtresse, mais séparée des ses deux acolytes de l’an passé. Un choix volontaire selon l’institutrice, pour favoriser son relationnel.

Deuxième année donc, où je la dépose à l’école deux matins par semaine, et la récupère deux à trois fois le soir. Durant cette période, j’ai pu observer et constater plusieurs choses, dont certains stéréotypes de parents, que je caricature ci-dessous:

- Tout d’abord, il y a la Maman qu’on ne peut pas rater. Mère d’au moins 8 enfants, elle est capable d’en porter deux tout en circulant dans les couloirs de l’école avec une poussette dans lequel dort un bébé (mais combien elle en veut ???). Cette maman de famille nombreuse, c’est l’expérience incarnée. Les écoles, et celle-ci en particulier, elle y vient tous les matins depuis 5 ans ou plus. Elle en connaît toutes les arcanes du fonctionnement, défauts et qualités, elle sait même prédire dans quelle classe sera son enfant l’année prochaine et avec qui… Elle a vu passer 15 instits différents et sait même où ils habitent. On la reconnaît facilement, parce que c’est celle qui parle à tout le monde, et qui monopolise la maîtresse quand son/ses enfant(s) entrent en classe. Celle derrière qui on attend qu’elle termine de raconter sa vie pour qu’enfin on puisse déposer notre loulou et partir au boulot. Celle qui, à 9h30, est encore devant l’école à discuter avec d’autres mamans parce qu’à part rentrer au foyer préparer la bouffe de midi pour 12, elle n’a rien d’autre à faire.

- Ensuite, on ne peut pas non plus manquer le Papa paniqué. Celui qu’on voit rarement, parce que d’habitude c’est la Maman qui emmène le gosse. Sauf que là, la Maman a délégué pour diverses raisons. Du coup, c’est toujours une épreuve pour lui. Il est en charge de lever l’enfant, lui préparer le petit-déjeuner et l’habiller. Maladroit, et timide, en général il s’est mis une telle pression au réveil qu’il est déjà là, devant les portes fermées de l’école, dès 8h30. Tout seul avec son gamin qui a du se lever-se laver-manger-s’habiller en 10 minutes chrono. Cet enfant n’est pas toujours habillé de façon adaptée. Par exemple, les matins d’été, il arrive qu’il fasse légèrement frais. Le Papa déboussolé aura donc tendance à mettre un pull en laine à son enfant et sous-pull. Le souci c’est que 32° à l’ombre sont prévus pour la journée. Mais ça il n’a pas pris le soin de le calculer.

- La Mère cas social maintenant, habillée de façon un peu débraillée et mal coiffée. Généralement elle élève son enfant seule. Elle arrive la plupart du temps après tout le monde, tenant son enfant d’une main, et une Marlboro de l’autre. Revenus modestes (elle est au RMI), et au chômage, elle arrive dans une vieille et petite voiture. Une fois l’enfant en classe, direction le bar pour boire un petit demi et valider ses grilles PMU.

- La Maman qui ne se prend pas pour n’importe qui, arrive dans une grosse voiture de couleur sombre. Tailleur, jupe et talons hauts, on l’entend marcher dans les couloirs de l’école malgré le brouhaha. Elle occupe une position importante dans sa société. Elle sent trop fort le Channel N°5. Elle regarde les gens de haut, et pense que son enfant est de toutes façons bien plus intelligent que les autres. Elle se pose la question depuis 3 ans à savoir si l’an prochain, elle ne l’inscrirait pas dans le privé, parce qu’ici les gens sont sales, ça pue et les classes sont surpeuplées.

- Le Papa gâteau lui, arrive en portant son enfant dans les bras, même si elle a 4 ou 5 ans, il s’en fout. Lui, il est dingue de son enfant, généralement une fille. Lorsqu’il arrive en avance, avant l’ouverture des portes, peu importe, il se dit que ça lui laissera le temps de faire encore quelques bisous et câlins à sa fille, avant d’aller bosser. C’est celui qui lui fait des blagues, planque un bonbon dans la poche de la petite en lui faisant un clin d’oeil, essaie par tous les moyens de la faire rire de bon matin. Une fois l’enfant en classe, il lui fait au revoir de la main avec un sourire niais sur le pas de la porte. Il y reste de longues secondes, quitte à bloquer ceux qui attendent dehors, il s’en fout, sa fille est plus importante. S’il avait pu, il serait resté jusqu’à 10h à observer sa fille en classe. Si l’enfant pleure lorsqu’il s’en va, il a le coeur lourd et le moral à zéro. Lui, en général, arrive en retard au boulot le matin. Lui, c’est moi.

Sep
1

Quand Rihanna m’a sauvé la vie…

Mardi 20 septembre.

19h30. Je vais à la salle de sport en moto, je cours sur mon tapis, m’éclate les bras et les pectoraux. Je bois du sirop de pêche sans sucre ajouté. J’essuie ma sueur avec une serviette bordeau. Je finis par dix minutes d’abdominaux. Le tout en écoutant la BO de Deus Ex Human Revolution (ça me motive).

20h45. Il fait déjà nuit. J’enfourche ma moto pour rentrer. Ma visière noire n’arrange rien en terme de visibilité, et si je n’ai pas envie d’avoir des moustiques collés aux yeux, ou choper une crève de fou (j’ai sué je le rappelle), je suis bien obligé de la fermer (la visière comme ma gueule). Juste avant de partir et de mettre mon casque, je sors mon iPhone de la poche, enfile mes in-ears. J’ai une subite envie de Rhum Pomme Pomme Pomme. Les fils des écouteurs sont tortillés, je prends 15 secondes pour les démêler. 10 secondes supplémentaires pour lancer la chanson en mode “Repeat”. Je mets le casque et c’est parti mon kiki.

20h52. A mi-chemin entre la salle de sport et chez moi. Route prioritaire, je file à 70km/h dans la nuit noire et obscure. A 400 mètres devant, un carrefour sans visibilité. J’aperçois une voiture griller son “Stop” à toute allure. C’est à ce moment que je me suis dit que si j’avais pas eu des goûts et des envies de merde du moment, elle me serait rentré dedans.

21h01. Je me sers un Rhum Manzana en guise d’hommage et de remerciement.

Jul
1

Pistolet à eau

Courses à Simply Market. Jeux d’eau dans un bac. Pistolet à bulles en plastique, un peu cheap, mais 3€50 seulement. Je prends pour Maé, qui aime bien les bulles. Sortie du supermarché pour la récupérer directement à la sortie du Centre de Loisirs.

Trajet CLSH-Maison, la louloute est impatiente de l’essayer à la maison. Papa ne cesse de vanter les mérites de ce petit pistolet qui fabrique des bulles tout seul. Maé de plus en plus impatiente. Arrivée à la maison, désemballage, tiens, deux piles sont nécessaires. Un peu surprenant, mais logique tout compte fait. J’insère les deux piles. Ne fonctionne pas. Je retourne les piles, au cas où. Ne fonctionne pas. Embarras. Maé ne semble pas comprendre ce qui se passe. Confession. Peine.

Direction King Jouet pour lui acheter un équivalent de consolation et de rattrapage de fierté paternelle. Arrivée devant le magasin à 18h55. Refoulés. Fermeture à 19h00. Embarras. Maé ne semble pas comprendre ce qui se passe. Confession. Peine.

Direction Géant Casino, qui lui, ferme à 21h. On trouve notre bonheur, un cerceau à fabriquer des bulles, fonctionne sans piles. 3€. Excellente soirée de retour à la maison. Parce que quand on veut faire plaisir, on le fait jusqu’au bout.

Jun
1

J’aime pas les animaux

Non j’aime pas les animaux. Et j’assume. C’est quoi cette tendance populaire occidentale consistant à penser que si t’aimes pas les animaux, t’es une personne sans coeur ni sensibilité ? Moi, j’aime pas les animaux, s’tout. Surtout les animaux domestique, parce que c’est eux qui font le plus chier. Autant les animaux sauvages, ils sont dans leur univers, et ils te font chier que si tu les fais chier, à part les roumains qui veulent te nettoyer ta glace aux feux rouges, mails il paraît qu’ils ne sont pas roumains.

Un chien, dans un appart ou une maison, ça pue,ça aboie, ça traîne dans nos pattes (on en a aussi, visiblement), ça te regarde quand tu bouffes, tous les sens en éveil, l’espoir que tu lâches un morceau de gambas. “Et les chats alors ? C’est krooo mignon un chat”. Non ! Un chat, ça pue aussi, une merde de chat ça fouette encore plus qu’une merde de chien, la pisse j’en parle même pas. Et puis faut les nourrir et tout, ça miaule, ça gratte à la porte, CA FOUT DES POILS PARTOUT.

J’aime pas les animaux.

May
1

Time goes by

Un dimanche pluvieux. Juste quelques gouttes venant du gris, là-haut. Marche sur les trottoirs noirs, à côté des caniveaux limpides. Boulevard Voltaire. La mairie, le magasin de moto, les voitures qui passent. Quelques-unes. Et puis la rue Saint-Sébastien. Elle est bien cette rue. Il y deux petits restos chinois, un ou deux bars, sûrement trois kebabs aujourd’hui. Il y a aussi cet épicier arabe qui épie ses clients du fond de son local, et qui n’arrive que lorsqu’on attend devant sa caisse. Elle est chouette la rue Saint-Seb’. On n’est pas loin de la station Richard-Lenoir, si on veut aller à Bastille, à Répu, ou à la Gare de l’Est, c’est commode. Un peu plus en avant, la station Saint-Sébastien Froissard. Et sinon on revient en arrière boulevard Voltaire, et on tombe sur Sainte-Ambroise. C’est bien quand on veut aller à Nation. Mais dans ce cas, il vaut mieux descendre à Avron (non pas toi, MoitiePlus), une station juste avant. Il y a moins de couloirs. Il y a moins de monde.

Un dimanche pluvieux à Paris. Pas grand chose à faire à part marcher. Un petit peu. Seul. On croise une personne ici et là, on cherche leur regard, mais on ne voit que des parapluies, avec des couples en dessous. Boulevard de Charonne, on est tout petit.