La mariée prenait le train.
C’était un moment de poésie urbaine. Ah, la blonde mariée de la petite gare nordiste…
Elle était magnifique. Superbe. J’étais tranquillement sur le quai à attendre mon train en dévorant un snicker lorsqu’une déesse à la peau dorée, à la blanche robe et à l’auréole chapelière fit son apparition. Sa beauté rayonnante éclipsait l’élégance de son mari. Ce couple fraichement formé se faisait prendre en photo, visiblement avec une thématique “voyage de noces avec la SNCF: partez maintenant, arrivez en même temps que votre premier enfant”.
Les enfants, justement,parlons-en. Il y en avait quelques-uns qui regardaient la scène depuis un parc en surplomb: la plus âgée devait avoir 13 ans, et surveillait la jeune troupaille. La moyenne tournait à 11 ou 12 ans. Ils étaient si émerveillés par la scène qu’ils ne purent s’empêcher de lancer des “Oh regardez la mariée!” “Elle est trop belle” “La vache!”…
…”Hé elle est bonne!” “Hé m’sieur, je te donne mon vélo tu m’prêtes ta femme” , “C’est quand la partouze?”
De la poésie j’vous dis.
La Complainte du Jeune Vieux
Quand on me propose une soirée, je ne refuse quasiment jamais. J’amène de quoi ripailler, de quoi trinquer, ainsi que ma bonne humeur et mes blagues les plus salaces. Quand la soirée se termine, on peut même compter sur moi pour présenter ma virilité flasque à des routiers rubiconds sur le chemin du retour (et en plus, ça m’aide à financer la prochaine soirée.)
Donc hier soir, j’ai sautillé jusqu’au lieu de rendez-vous à l’appel de mon hôte. Guilleret et volubile, je bois une bière. Puis une deuxième. Puis euh…
Putain, non, je…ce n’est pas possible! Deux bières et je sens les vapeurs d’alcool me monter à la tête! Non, je persévère, cette Beck blonde est trop bonne. Trois. Oh, tiens, champagne, ça va faire digérer.
Non, je…je craque, je demande de l’eau et de l’Oasis. Oasis Tropical quand même, on n’est pas des fiottes. Que m’arrive-t-il? Je ne peux pas être si vieux? Je ne peux pas avoir perdu aussi vite l’endurance acquise à la sueur de mon foie pendant le lycée et la fac?
Hé bien si. Rentré à 3h du matin, parfaitement sobre au final, je ne me réveillerai qu’à 12h30. Quelques années plus tôt, j’aurai réussi à me lever à 9h, partir courir pour évacuer tout ça, et rester actif toute la journée. Au lieu de ça, je me suis levé trop tard, et mon estomac lance des flatulences explosives à tire-larigot, et je vais surement osciller entre Final Fantasy XIV et Ocarina of Time 3DS tout en matant la télé jusqu’à ce que Morphé me mette un gros coup de batte derrière la nuque vers 23h. Une loque humaine.
Aidez-moi à retrouver ma gloire d’antan. Aidez-moi à trouver des recettes miracles pour que je puisse boire des tonneaux des meilleures bières, ripailler des mets les plus gras, dormir deux heures et me lever le lendemain à 7 heures frais comme un gardon, capable de courir une demi heure avant de filer au boulot.
En résumé, aidez-moi à préparer les prochaines IRL.
L’humour comme une arme.
Les philosophes, sociologues et comédiens sont d’accord sur un point: L’humour, bien utilisé, est une arme particulièrement dangereuse, une lame acérée, une flèche précise. C’est ce qu’a voulu prouver Hippolyte Lepoulain, quadragénaire de 52 ans.
Ce lundi 4 janvier, Hippolyte entre dans sa banque habituelle avec une cagoule, et somme tout le monde de s’allonger et de mettre leurs mains sur la tête. “Il a menacé de raconter la blague de Toto à l’église, et bien d’autres, nous ne pouvions rien faire!” témoigne l’un des otages.
Face aux menaces du criminel, l’un des guichetiers place tout l’argent disponible ainsi que ses effets personnels dans un sac. La directrice de la banque tente alors d’atteindre l’alarme: bien qu’elle ait pu la déclencher, Hippolyte met une de ses nombreuses menaces à exécution.
“Qui est-ce qui pue? C’est l’barbu!”
C’est ce trait d’humour qui atteindra la directrice à l’épaule gauche, lui faisant perdre beaucoup de sang. A l’heure actuelle, son pronostic vital est toujours engagé. Pris de panique suite à ce geste, le voleur fuira mais sera rattrapé par les forces de l’ordre. Le commissaire témoigne: “Il était très agité, paniqué, prêt à faire une autre énorme bêtise. J’ai commencé l’histoire du fantôme à la quéquette tordue pour le menacer, puis il s’est rendu sans résistance.”
Une enfance de violence
On en sait un peu plus sur cet homme, et sur les raisons qui l’ont poussé à commettre ce geste. Seul, au chômage et vivant à Roubaix, il a été exposé dès son enfance à l’Almanach Vermot qui selon ses dires “était toujours ouvert à la page du jour, sur la table de la cuisine”. On retrouvera chez lui des VHS de Guy Montagné, et des photos dédicacées de Max Pécas. Selon le psychiatre Michel-Hugues Onfrais, “Hippolyte cherchait un moyen de se sortir de sa situation financière et sentimentale désastreuse. Quand il a réalisé que l’humour était une arme, il a alors compris qu’il disposait d’un arsenal redoutable dans son salon. Il ne restait plus qu’à l’utiliser.”
Hippolyte Lepoulain risque jusqu’à 6 mois de pets d’aisselles quotidiens.
Chevilles, tourillons, spacers.
Des balais d’essuie-glace balayent des boulons chromés sur le bâche d’une remorque à essieu directeur. Le moyen, mutin, se cache sous le capot, tandis que la roue de secours rebondit jovialement vers le pare-brise.
Des arbres à cames turgescents s’enduisent d’antigel et de lubrifiant. Des clignotants s’illuminent de plaisir. Le climatiseur s’échauffe, que fait le refroidissement par eau?
Deux jours. Trois heures de sommeil. Des milliers de mots technique. Une trad de faite. Un demi-cerveau en moins.
Suspens et vote des spectateurs
Oh bien sûr, j’étais au courant de la réouverture de Chopes-Vides. J’ai vu sa progression, les divers testicules de l’installation tomber dans le potage de la mise en ligne. Cependant, à l’heure actuelle, je n’ai pas vu le design final du logo, du thème, aussi suis-je excité comme un Nordiste dans une pyjama party.
Mais par qu’est-ce que le destin me réserve ? De la sobriété grise et bleu ? Un logo rose bonbon ? Un gros « Caca LOL » en haut de page ? (Note : cette dernière solution est tout à fait envisageable : j’ai des droits d’admin, et une bouteille d’Eristoff dans le congélo).
« Mais dis-donc MoitiePlus, cette première prose ne serait pas une note de remplissage faite sous la pression d’un collaborateur aux dents longues ? ». Je pourrai démentir, mais je n’en ai pas envie. Effectivement, j’ai promis à mes comparses de la prose de qualité, mais au moment fatidique je fus pris du syndrome de la page blanche. Aussi lecteur, te laisse-je le choix du sujet de ma première véritable œuvre :
- Une lose romantique sur fond de vodka caramel,
- L’histoire d’un dompteur raté,
- La faiblesse de l’Homme face au corps médical.
Je répondrai à ton désir petit canaillou. <3 .




