Feb
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Cervelle de moineau

Voler.
Se laisser porter par l’air, suivre les courants.
Descendre en piqué, prendre de la vitesse, pour mieux remonter puis flâner dans le vent.
Défier la gravité. La taquiner. La laisser éprouver ses moindres mouvements. Puis danser avec elle en virevoltant dans un chassé-croisé impeccable.
Prendre de l’altitude, tutoyer les nuages, et embrasser d’un coup d’œil la beauté du paysage alentour.
Repérer ce point blanc qui s’avance, suivant une bande noire.
Curiosité.
Se laisser filer. Chevaucher une petite brise, puis couper au travers et amorcer la descente.
Curiosité.
Se rapprocher, encore, encore. Partir en rase-motte, et…

POC.

 

Aujourd’hui, j’ai tué un oiseau.
Non, je ne suis pas chasseur, juste conducteur: il s’est jeté sur ma roue.
J’ai juste tressailli un instant, puis continué ma route, l’air de rien, un œil dans le rétro.
A en croire mes statistiques, très pointues (établies sur 2 semaines et sur un échantillon représentatif de 2 individus), les oiseaux aveyronnais auraient une tendance au suicide:
La semaine dernière déjà, un premier avait voulu observer mon pare-choc, d’un peu trop près. J’avais eu un pincement au cœur pendant quelques longues minutes après le choc.
Le prochain qui voudra se servir de moi pour mettre fin à ses jours, quelle sera ma réaction? En aurais-je une?
Est-ce que je deviens un monstre?

Est-ce que la 207 est une arme autorisée pour la chasse, et est-ce que j’ai besoin d’un permis de chasse si j’ai déjà mon permis de conduire? Même si c’est un piaficide involontaire?

 

(J’avais une superbe photo pour illustrer ce billet, d’un moineau que ma sœur avait carrément encastré dans un phare de ma Clio il y a quelques années, mais évidemment, n’étant pas sur mon pc, je n’ai pas la photo sous la main. Quel dommage.)

Jun
1

Un autre jour

Ya des jours comme ça. Comme ces jours de week-end pluvieux, où tu restes à rien faire chez toi. A regarder par la fenêtre les gens passer, la pluie tomber en fines gouttelettes qui s’écrasent sur le bitume trempé. A dessiner de vagues silhouettes du bout de ton index, sur le rond de buée formé par ce souffle chaud qui s’échappe doucement d’entre tes lèvres à demi fermées. Une musique s’évapore en fond, comme éthérée. Piano et guitare sèche diffusent des notes délicates, aux airs d’herbe humide et de terre mouillée. Les yeux rivés vers cet extérieur, de l’autre coté de la vitre, distants, dans le vide. Subjugués par ce décor, comme un spectacle muet figé dans ce temps où le soleil, reclus derrière la grisaille, n’aurait pas droit de cité.

Ya des jours comme ça. Mais celui-ci n’en est pas un, c’est un jour de semaine, pas un jour de week-end. Tes repères embrouillés, ton esprit s’est égaré et tes sens t’ont trompé. Demain, le soleil se lèvera encore. Tu remonteras tes ressorts, pour affronter un jour nouveau. Un jour plus beau…?